Je t'aime BORDEL.
Calmement, elle referme la porte. Elle ne la claque pas, elle la ferme délicatement. Se dirige vers l'ascenseur, appuie sur le bouton d'appel, mais finalement prend les escaliers. Chaque marche fait résonner le claquement de ses talons dans l'immeuble. Elle sort, passe le hall et se retrouve dans la rue. L'air chaud & humide la prend de court, elle suffoque presque. Un regard vers la fenêtre entrouverte, l'espoir un instant qu'il la voie s'enfuir. Mais il dort, elle le sait. Ses pas la mènent à l'arrêt de bus. Elle monte, et ce n'est qu'une fois au fond du véhicule que les sanglots commencent à enfler dans son corps. Douleur fulgurante, tendre agonie, cruelle fierté. Ses larmes ne couleront jamais devant lui. Elle le revoit après leur étreinte passionnelle, le sourire qui a illuminé son visage d'ange. Et puis plus rien. Le silence. L'angoisse. La panique. Et cette peur. Peur de reproduire toujours le même schéma, le même cercle vicieux qui se reproduit à l'infini. Et lui qui dort, l'esprit tranquille, sans se douter une seule seconde de ce qu'elle pense. Et lui qui s'en fout. D'elle, de tout. Et elle, au fond du bus, qui pleure en silence, entre un couple qui se moque bien d'être en public et un vieux qui se mouche à intervalles réguliers. Elle qui pleure une relation a sens unique. Le bus s'arrête, elle descend. Son téléphone sonne, c'est lui. « Il est minuit et demi, pourquoi t'es partie ? T'es où ? » « C'est fini. » « Pourquoi ? » « Je t'aime... » Elle raccroche, elle est arrivée. Monte les escaliers, croise sa voisine qui la toise. Son lit est froid, plein d'absence. T'es tombée amoureuse avant de comprendre pourquoi, t'es tombée de haut avant de comprendre comment. Bonne nuit, petite conne.