Mes Vodka Sociaux me manquent. BORDEL
"Quand je connaîtrai ton âme, je pourrai peindre tes yeux" Modigliani.
Tu sens l'alcool qui coule, qui enfle dans ton corps et toi tu n'es rien. Tu en a besoin. Un besoin vital, tu sais que tu es un déchet. Tes lèvres liquides, elles glissent, elles tremblent. Ça te brûle, ça te saigne à blanc et tu aimes ça. Une pressante envie de souffrance, tu aurais aimé que je te gifle, la brulure est encore là, sur ta joue écarlate, mais la vodka te fait le même effet. Un intime sensation de honte et de liberté. Bouffe ça, la trace de mes cinq doigts sur ta peau incandescente, l'acide dans ta gorge & la chaleur de tes yeux encore vitreux. Des cendres, le feu éteint, la flamme qui brillait hier encore, n'est plus.
Les jambes se font lourdes, les membres deviennent de pathétiques instruments sans vie. Tu es là et tu me regardes de tes yeux bruns étincelants de haine. Tu m'excites. Il faut dire que l'alcool me rend euphorique, que nos yeux sont injectés de sang et que mon envie de vomir est beaucoup plus présente qu'à l'accoutumée. Tu me fais l'effet d'une paumée sans réelles ambitions et je me trouve aussi pitoyable que ta pauvre personne. Tu me ressers un verre & j'avoue que je ne cracherais pas dessus, tu es presque nue et tu m'écorches la peau sans même le savoir. J'y ai cru jusqu'à aujourd'hui.
Tu suintes l'indifférence. Tu m'ignores, tu me snobes. Les apparences sont sauves, tu n'apparaîtra pas une pétasse à ton bras. Alors, heureux? Pour une nuit de plus, tu me baisera quand même, vite fait mal fait, dans des draps sales et une pièce insalubre, demain c'est bien trop loin, la fumée pénètre dans mes orbites, je pleure et tu jouis, pour l'amour d'une cigarette, il est deux heures trente sept du matin, tu es en moi, un halo de bonheur dans ma poitrine, la nicotine me réjouis plus que ton pénis.
Tu fais semblant et au fond moi aussi. Notre quotidien est un vrai bordel, un bordel sans sentiments puisque je n'en suis pas capable. J'aurais peut-être préféré, préférer t'aimer plutôt que d'attendre la le début d'une fin certaine. o2:45 le feu brûle mes organes et pourtant je ne souffres pas, tu sais. Je vivrais longtemps comme ça, dans l'attente d'un néant qui n'en finit plus. Et si parfois, tu ne vois rien, mes silences en disent long. Ta cendre va tomber.
Le cendrier est tout près et pourtant tu le manques d'au moins 20 centimètres. Tu vois double; je te vois triple, si on fait le compte cette nuit j'aurais cinq orgasmes. Pour toi, ce sera un seul, la nature ne t'a pas avantagé mon pauvre chéri. Tu sens l'ironie, tu sens la haine dans mon regard, dans mes tripes? Tout n'est et ne sera que mépris. Je t'ai aimé, et j'ai appris a te haïr, toi qui ne m'a jamais que désirée. J'ai appris a n'aimer que ton corps, que ta peau, que ton membre dressé devant ma poitrine frémissante. Entre nous ce n'est qu'une histoire de cul pas vrai? Baise moi; dans ces instants de symbiose je suis la seule. La seule qui te fait encore bander. Du viagra peut-être ?
Tu deviens vulgaire et ça ne te ressemble pas. Je ne répondrais que par la silence à toutes ces bassesses. Tu crèveras comme je crève depuis des années. Loin de moi l'idée de quitter ce monde, mais si l'occasion se présente, je baiserais la vie comme elle a finit par me baiser. Le pire est que je n'en jouis pas. D'autres me croirait fou, je me crois réaliste. Je ne t'aime pas et te désire seulement car l'amour ne fait pas partie de mes plans. Je ressens parfois des choses similaires seulement, tu le sauras pas. Je cultive mon silence, c'est bien la seule chose qui me tienne encore. J'irais bien vomir mes défauts, mais j'ai peur du vide de la cuvette. Je partirais, ne me retiens pas.
En noir
Aurore