Fatiguée d'espérer le meilleur
Quand tout est écorché
Allez viens, on partira bras dessus-bras dessous, on chantera Renaud, à pleine voix. On aura un sourire de nouveau né, pur & vulnérable. On se jettera comme des dingues dans les feuilles mortes, on rira aux éclats, et surtout on prendra des photos. On ne ratera pas une seconde. On mangera une glace à la menthe & je te regarderai du coin de l'oeil, amusée, & heureuse. Tu trouvera que j'ai maigri, je te dirai que je suis fatiguée. & puis on ira voir la Tour Eiffel, tu aura le vertige & je te rassurerai. Je te caresserai les cheveux & t'embrasserai tendrement sur la joue. On ira au Louvre aussi, tu es passionné d'Egypte. Il semblerait depuis toujours. On irait voir les momies, & tu serais émerveillé. Je m'ennuierai, un peu, mais je ne dirai rien, & je te laisserai profiter. Ce sourire inscrit sur ton visage serait la seule chose qui compterait. On ira au bowling, et puis au cinéma, on s'endormira dans le canapé, et on fera des crèpes...
... & puis, on est déjà dimanche, 19h. On monte dans la voiture, je vérifie que la ceinture est bien attachée, m'installe au volant, et mets quelques secondes à allumer le moteur. Je t'observe dans le rétroviseur. Tu es si beau. Une demi heure plus tard, je t'abandonne sur le seuil d'une porte. A dans deux semaines chéri, travailles bien, surtout. Appelle moi peut-être. Envoie moi un de tes dessins. Ces quinze jours sans tes yeux gris perle ont un goût d'éternité. Je remets le contact, et mes papilles gardent cette empreinte mentholée, sucrée salée de ces larmes ravalées. Je n'ai pas obtenu la garde, une ancienne strip-teaseuse qui a en plus tourné lesbienne ne fait pas une bonne mère. D'ailleurs, tu ne m'appelles même pas maman.
E.F